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dimanche 1 mars 2009

MENU TUMULTE

« Je voudrais avoir, comme les animaux, l’instinct de nos besoins, tout deviendrait évident et facile, au lieu de balancer entre l’impatience des désirs superficiels et la recherche confuse des besoins profonds. »

« On naît en état de mort et l’on se réfugie dans la grandiloquence, qui est l’ivrognerie de l’âme, et l’on s’efforce de provoquer avec ses idées un fracas que l’on voudrait majestueux et l’on se satisfait de ce menu tumulte, jusqu’à ce que l’on parvienne au bord du vrai silence ».

Paul Guimard, in Les Choses de la Vie.

dimanche 18 mai 2008

Où un certain chanteur regrette qu'il n'y ait plus de fan de Sardou en équipe de France

« J’ai écrit un poème qui s’appelle « Zidane est nul ». A l’époque on m’a dit : « Tu peux pas écrire ça ! ». Bien sûr que si. Il est nul parce qu’il n’est pas un grand capitaine. Imagine, tu as un mec doué à la guitare comme Jimmy Page, qui chante comme Jagger et écrit des chansons comme Stevie Wonder, et quand on lui dit : ça va être toi le chef, il te répond : non, non, moi je vais jouer des maracas… C’est pas possible, il a une espèce de déficit de personnalité. Et puis, avec quelle docilité il est devenu un symbole d’intégration, je trouve ça dingue ! Zidane a le QI d’une courge. »

« Dans l’équipe de France, depuis 2000, il n’y a plus de chef. Tu as l’impression de voir onze adolescents qui cherchent leur maman. Ils vont peut-être devenir des hommes à 35 ans, mais en attendant, il faut se taper une espèce de tribu de nigauds. Ils errent. En France, au nom d’un principe d’égalité désuet, on forme des individus qui sont incapables de se prendre en main et qui ont besoin d’un chef. »

« Dans le foot, il faut des gens simples. Il faut des fans de Sardou dans l’équipe de France. Comme Deschamps. Quand les mecs commencent à dire qu’ils aiment Dr Dre, c’est la fin des haricots. »

« 1986, c’est définitivement mieux que 1998, parce qu’il y avait un grand joueur : Platini. Mais il avait mal au tendon d’achille, c’est pour ça que j’ai écrit Achille à Mexico en 1998. Les gens n’avaient pas compris, mais bon, c’est un truc de spécialiste. Sans cette blessure, on aurait été champions du monde et personne ne nous aurait cassé les couilles avec 1998. Il y avait quelque chose d’homérique en 1986. »

« Thierry Roland, quand il dit « Monsieur Foote, vous êtes un salaud », ou sa sortie sur l’arbitre tunisien, c’est le sommet du commentaire sportif. Sauf qu’il faudrait que le public soit suffisamment éduqué pour supporter ce genre de conneries. Je pense que les bons commentaires de foot ne peuvent êtres faits que par des anarchistes de droite : de l’insolence totale, de la mauvaise foi, du purulent. Qu’on vomisse tout ce qu’on garde au fond de nous. Dans les commentaires, la façon de filmer, il ne devrait pas y avoir de morale. Aujourd’hui, le foot est encadré par des gens qui pensent que c’est un truc éducatif. »

« Fini le hasard des pulsions hormonales de l’arbitre, le mec de mauvais poil parce que sa nana l’a fait chier le matin, c’est une composante poétique du jeu qui fait le match et doit continuer à exister. La perfection qu’on demande aux arbitres, on ne la demande à personne d’autre. »

« Anelka est un exemple intéressant de l’importance de la communication dans le foot. On l’oblige à se médiatiser alors que je me souviens l’avoir entendu une fois : ce mec a une voix de nigaud et un sourire affreux. Il se tait pour des raisons idéologiques, il vaut mieux qu’il garde son masque, on dirait un sous-animateur de M6 et il a une voix de Mickey. Il s’est dit vaut mieux que je reste énigmatique. »

« Tu peux être incorrect dans le foot comme dans la société actuelle, mais tu hésites à le dire. Par exemple, je dirais presque que dans l’équipe de France actuelle, il y a trop de mecs de souche immigrée. C’est totalement incorrect de dire ça. Mais on peut tout de même se demander pourquoi il y a aussi peu d’intégration pour que les mecs n’ont que la musique et le foot ? Tu peux te poser la question, sauf qu’il faut faire attention parce que tout le monde va dire « wouargh ». Mais, c’est un fait. Normalement, si tu veux faire une espèce de travail intellectuel, tu dois te poser ce genre de questions, tu ne peux pas faire l’impasse là-dessus. »

Jean-Louis Murat, copyright SO FOOT#23, 2005, repris dans le hors-série “cinq ans”, printemps 2008.

vendredi 2 mai 2008

mouvement de la pensée critique, mouvements du monde et automouvements

« …il faut supposer que dans les accélérations les plus risquées des temps présents nous exécutons quelque chose qui provient de ce qui nous est propre et de ce qui nous est le plus proche, c'est-à-dire de ce qui provient de ce que nous avons voulu nous-même.

Si c'est le cas, il ne peut plus y avoir une critique de la société parce qu'il n'y a plus de différence réelle entre la critique et l'objet de cette critique ; à moins que la critique ne se dirige en premier lieu contre elle-même et qu'elle soumette aussi ce qui nous est propre à un examen, ce qui nous est le plus proche et que nous avons voulu nous-même. »

« Premièrement, nous nous mouvons nous-mêmes dans un monde qui se meut lui-même ; deuxièmement, les automouvements du monde incluent et envahissent nos propres automouvements ; troisièmement, dans la modernité les automouvements du monde naissent de nos automouvements qui s’additionnent progressivement jusqu’à entretenir le mouvement du monde ».

Peter Sloterdijk, in La Mobilisation Infinie (Eurotaïsmus)

jeudi 1 mai 2008

Strategor

Claude Puel:
« Ce qu’apprécie un groupe, c’est que son entraîneur puisse lui donner des solutions pour jouer contre n’importe quel système adverse, appliquer sa propre méthode et sa philosophie de jeu. »

Reynald Denoueix:
« Les passes, c’est comme ça qu’on crée le décalage. »

Aimé Jacquet:
« Quand on change un joueur, on risque de détruire l’équipe, il faut faire attention ! »

Claude Puel:
« Patrick est un grand joueur, il a vécu des choses extraordinaires, ce n’est pas évident pour lui (d’être remplaçant, NDLR), mais il est hyper professionnel et très important dans le groupe
, c’est un peu le « grand-frère ». Dans le vestiaire, il est très important. »

Reynald Denoueix:
« Qu’est-ce que c’est que le jeu ? Défendre, ça fait partie du jeu ; se bagarrer, s’accrocher, tout ça fait partie du jeu. »

Aimé Jacquet:
« …un entraîneur frileux, je n’en ai jamais vu, ça veut rien dire. L’entraîneur, il a un effectif, et il joue avec son effectif. Il pense que. Il doit adapter tel plan de jeu pour tel match. A l’heure actuelle, pourquoi on a un beau football ? Parce que les joueurs sont dans une expression un peu plus, comment dirais-je, totale, les enjeux sont plus grands, et plus l’enjeu est grand, plus les joueurs s’investissent. »

Claude Puel:
« …dans les commentaires, faut faire attention aux raccourcis « il y a des buts = bon match », « pas de buts = mauvais match ». ça dénature le football. Sinon, on fait une succession de buts, on regarde Jour de Foot et ça s’arrête là. Il faut regarder le contenu, et initier le spectateur au contenu. »

Reynald Denoueix:
« …un spectacle, c’est réglé à la seconde près. On sait avant ce qui va se passer. [Dans le football], il y a un rapport de force, et on sait pas comment ça va se passer. »

Claude Puel:
« …si un entraîneur veut durer, il ne peut pas avoir comme discours [marquer un but de plus que l’adversaire à tout prix]. Au lieu de 4-3, c’est 4-0 pour l’entraîneur : être performant sur la plan offensif et ne pas prendre de but. »


LES SPECIALISTES, Canal+, émission « spécial entraîneurs », 28-04-2008, copyright